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__Tous les ans, c'est la même insoutenable torture, le même soupir de désolation en la voyant arriver, le même serrement amer de la mâchoire. Oui, l'endurance, mes enfants, cette activité sportive que l'on retrouve, vicieuse, chaque année dans le programme. Avouez que ça a toujours fichu un froid lorsque votre prof s'exclame (tout guilleret, ce petit sadique !) « La semaine prochaine, course <3 » (avec le p'tit c½ur de sadisme au dessus de la tête, ouais). Mais bon, c'est vrai que ça fait tellement plaisir aux élèves aussi, comment leur refuser ce bonheur orgasmique que de courir jusqu'à en cracher ses poumons, à en vomir ses jambes et le reste du ptit dej' ? Comment leur refuser cette sensation de tête qui va exploser, de poumons brûlants sous un incendie de manque d'oxygène, de ce délectable sentiment que le corps va bientôt lâcher ? Ah, quelle douce amie que cette activité qui consiste à crever sur un 100 mètres ! Bordel, les gens, faut faire quelque chose ! Descendons dans les rues, comme en mai 68, crions un bon « Non à l'endurance ! C'est vous l'ignorance ! Non aux courses de durées, vous nous torturez ! ». Ce serait cool, avouez, plus à redouter le mardi matin, 10h : « Ah ! Non ! J'ai endurance ! Aidez moi à me péter une jambe, vite... ». Et puis y'aurait moins de suicides, je vous jure. Mais bon, faut être réalistes aussi, les jeunes : si on supprime l'endurance, cette torture, autant nous débarrasser de toutes les autres, nan ? Adieu Pythagore, Adieu Zola et Racine, Adieu Robespierre et Washinghton, Adieu !
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